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L’euphorie des élections et les rêves de vaccin

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L’euphorie des élections et les rêves de vaccin

La promesse de la fin de la pandémie et l’accession au pouvoir d’un nouveau parti aux États-Unis suscitent l’optimisme des observateurs économiques, mais la patience reste de mise parce que d’autres difficultés se profilent à l’horizon.

Une vague d’espoir déferle sur le monde depuis l’annonce de trois nouveaux vaccins prometteurs contre la COVID-19. Après presque une année d’incertitude économique à l’échelle mondiale, qui a transformé nos modes de vie et de travail, la réaction à la nouvelle qu’il y a de la lumière au bout du tunnel fait naître la confiance ici même, au Canada, et à l’étranger. La combinaison de cette annonce et de l’élection à la présidence des États-Unis de l’ancien vice-président Joe Biden crée un sentiment de stabilité retrouvée que la population n’avait pas ressenti depuis un certain temps.

Que signifie tout cela pour le Canada et l’économie mondialisée? Voici une analyse détaillée de la situation, allant des récents reconfinements imposés au Canada à l’avenir possible du commerce sous l’administration Biden.

Retour à la normalité sur la scène internationale

Comme le président désigné Joe Biden prêtera serment à la Maison-Blanche le 20 janvier, le Canada devrait s’attendre à ce que ses relations avec son plus grand partenaire commercial soient moins mouvementées qu’au cours des quatre dernières années. Il ne faut cependant pas s’attendre à des changements radicaux. «Je ne crois pas que nous reviendrons au contexte commercial que nous avons connu avant l’ère Trump», indique Janet Henry, économiste en chef du Groupe HSBC. «M. Biden sera nettement plus multilatéraliste dans son approche, il rétablira les relations avec les alliés traditionnels des États-Unis, que ce soit le Canada ou l’Europe, et cherchera à créer une plus grande concertation à l’égard de la Chine, mais il n’y aura pas de volte-face.»

On ne s’attend pas à ce que Joe Biden, contrairement à son prédécesseur, mette de l’avant des politiques protectionnistes qui ont déclenché des guerres commerciales avec les alliés des États-Unis et la Chine, mais America First laissera son empreinte. Pensons aux droits tarifaires existants et à d’autres mesures qui pourraient être maintenues.

Quant à savoir de quelle liberté M. Biden disposera pour redéfinir les politiques commerciales des États-Unis, cela dépendra des résultats de la deuxième course sénatoriale en Géorgie, qui décideront de l’équilibre du pouvoir. Si les démocrates gagnent et prennent le contrôle du Sénat, ils auront le champ libre au Congrès pour aller de l’avant avec leur programme.

Confinement canadien 2.0

Malgré ces bonnes nouvelles, le Canada de même que son voisin du sud et l’Europe font face à une deuxième vague de COVID-19, qui entraîne des mesures de confinement régionales semblables à celles qui ont été imposées au début de la pandémie.

«Les répercussions économiques ne seront pas aussi importantes», observe David Watt, économiste en chef de HSBC Canada, «mais la situation est un peu plus hasardeuse parce que les confinements sont asymétriques entre les provinces, ce qui rend difficile une évaluation précise des régions et des secteurs qui écoperont».

L’économie canadienne a certes réalisé un rebond au troisième trimestre après une accalmie dans la transmission du virus, mais on s’attend à ce que les gains économiques se soient inversés au quatrième trimestre, car Toronto et d’autres grandes villes canadiennes ont amorcé un confinement d’un mois dans une nouvelle tentative pour aplatir la courbe. De plus, les versements de la PCU ayant pris fin, reste à savoir comment les Canadiens se comporteront pendant ce nouveau confinement.

La dette fera-t-elle pâlir le verdissement de l’économie?

Étant donné que le déficit fédéral prévu s’élève à 18 % du PIB en raison de l’adoption de mesures de relance d’urgence totalisant 388 milliards de dollars, la solidité financière du Canada soulève des inquiétudes dans un contexte où la dette du pays continue de s’alourdir, pandémie oblige.

«Bien que certains pays envisagent le retrait des mesures de relance budgétaire, il [le gouvernement canadien] persiste dans son intention de maintenir un tel niveau d’aide pour soutenir les ménages», explique David Watt. Et d’ajouter : «[Le gouvernement] étudie la possibilité d’adopter d’autres mesures de relance budgétaire et de profiter de la transition de l’économie vers la prochaine phase de la croissance pour bâtir en mieux et effacer les cicatrices laissées par la pandémie.»

Le gouvernement sera-t-il capable de maintenir ce niveau de financement et, en parallèle, d’investir dans la transition du Canada vers la nouvelle économie verte? Selon David Watt, plus tôt ces plans seront mis en œuvre, mieux ce sera. «En fait, il faut impérativement procéder aux changements politiques qui aideront à restructurer l’économie pour faire face à la pandémie et, à terme, atteindre les objectifs politiques de réduction des gaz à effet de serre et rendre le Canada plus concurrentiel sur le plan économique.»

L’un des objectifs de base du gouvernement pour bâtir en mieux consiste à sortir le Canada de sa dépendance au secteur pétrolier et gazier. La transition des travailleurs très qualifiés du secteur pétrolier vers l’économie verte sera longue et très onéreuse et c’est précisément pour cette raison qu’il importe d’établir un plan dès maintenant.

Le Canada peut recourir à un autre moyen pour accélérer le processus : attirer des compétences et des investissements étrangers, ce qui aurait également pour effet d’alléger le fardeau qui pèse sur les fonds publics, mais le Canada doit soutenir la concurrence internationale pour attirer les candidats et les investissements dont il a besoin.

Incidence de l’inflation sur les marchés du travail

Bien que le risque de hausse de l’inflation soit faible au Canada et dans des pays pairs, il est important de tenir compte de la vitalité des marchés du travail dans le monde pour avoir une idée de ce que l’avenir nous réserve. La pandémie a particulièrement malmené les marchés du travail — en particulier dans les secteurs des services comme l’hébergement et les voyages. La capacité ou l’incapacité de ces secteurs de se rétablir aura une incidence sur l’inflation. Dans un contexte d’augmentation des taux de chômage et d’érosion du pouvoir d’achat, il sera intéressant d’observer ce que feront les gouvernements pour empêcher la progression des taux d’inflation.

Y a-t-il de la lumière au bout du tunnel de la pandémie?

«La pandémie ne peut être jugulée nulle part avant d’être jugulée partout.» — Janet Henry, économiste en chef du Groupe HSBC

La nouvelle voulant que trois vaccins prometteurs soient en voie d’être approuvés prochainement suscite beaucoup de confiance partout dans le monde. «Ce déploiement fait baisser le niveau d’incertitude pour les entreprises et les décideurs politiques», note Janet Henry, ajoutant que les percées encourageantes dans la mise au point de vaccins aident les pays à jeter des ponts politiques vers le monde de l’après-pandémie.

Le Canada a déjà confirmé que près d’un quart de million de doses de vaccin devraient être reçues avant la fin de 2020 et d’autres pays sont dans une situation comparable. Cependant, la rapidité avec laquelle les vaccins pourront être administrés demeure une inconnue, ne serait-ce qu’en raison de l’opération colossale que représente la vaccination de milliards de gens, ce qui tempère un peu l’enthousiasme pour le moment.

Comme nous l’avons souligné, les pertes d’emplois dans le secteur des services ont été massives. Même une fois que de larges pans de la population auront été vaccinés, beaucoup de gens ne sauront pas s’ils retrouveront leurs emplois et on ne sait pas avec certitude s’il y aura encore des pics de chômage.

À quand le retour à la normale? Seul le temps nous le dira…

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Contenu produit depuis le 25 novembre : «Regard sur 2021 : Le point sur l’économie mondiale et canadienne», webinaire animé par la Banque HSBC Canada.