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Débloquer le succès en matière de commerce international grâce à la chaîne de blocs

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Les nouveaux accords commerciaux ratifiés étant en vigueur, il est grand temps de renforcer le lien technologique entre le Canada et l’excellence commerciale. Heureusement, la chaîne de blocs marque des progrès importants et permet d’ancrer cette réalité pour les jeunes entreprises technologiques qui arrivent à maturité et les autres qui rêvent d’expansion.

Les médias sont partagés à propos de la chaîne de blocs depuis sa création. Son association et son développement au départ avec Bitcoin, la cryptomonnaie, ont prouvé la valeur et l’énorme potentiel de cette technologie comme système sécurisé de registres distribués. Pourtant, une décennie plus tard, on pardonnera aux entreprises d’avoir cru que la chaîne de blocs ne tiendrait pas ses promesses.

Il n’en est rien, affirment les consortiums qui repensent leur vision d’avenir du commerce international. Les deux principaux groupes – we.trade et Project Voltron – coordonnent le soutien de plusieurs grandes banques et établissements financiers qui collaborent dans le domaine du commerce numérique afin de proposer des normes et des gains d’efficacité aux entreprises de la planète.

Plateforme européenne basée sur la chaîne de blocs, we.trade réunit douze partenaires, dont la HSBC. Créée en 2017 sous le nom Digital Trade Chain, cette plateforme numérique visait à faciliter le financement des opérations de commerce international pour les clients en Europe. Entrée en service en 2018, we.trade prenait en charge à ses débuts des clients de onze pays d’Europe occidentale, tout en préparant son expansion.

La HSBC fait aussi partie des huit membres fondateurs du consortium Voltron, qui travaille en parallèle à numériser de bout en bout les lettres de crédit et à étendre encore sa portée géographique et sa clientèle. Au moment de rédiger cet article, plus de 50 banques et entreprises dans le monde participaient aux essais et au développement, la plateforme R3 de Voltron ayant déjà exécuté plusieurs opérations depuis 2018.

Chaîne d’outils

La HSBC, en particulier, a une bonne raison de vanter le potentiel de la chaîne de blocs. La Banque a présidé à la toute première opération de commerce international en temps réel à l’aide de cette technologie en 2018. Singapour et la Suisse, les deux contreparties, avaient alors expédié des biens de l’Argentine vers la Malaisie.

Cette révolution numérique a permis non seulement de ramener à quelques heures un traitement qui prenait des jours pour le client, un négociant international de produits de base, mais aussi de structurer la plateforme en laissant beaucoup de place à l’innovation et aux améliorations pour les activités futures.

«Nous sommes en phase d’expansion afin d’étendre ces réseaux décentralisés», précise Joshua Kroeker, premier directeur, croissance et innovation, HSBC, Hong Kong, et précurseur des plus récents progrès de la chaîne de blocs dans le cadre du consortium Project Voltron. «Si vous pouvez établir un réseau entre vous et vos principaux concurrents, tout le monde va travailler ensemble. La courbe d’adoption et la soif d’innovation varient d’une banque et d’une région à l’autre, mais c’est la direction que nous prenons», plaide-t-il.

La chaîne de blocs n’est plus la nouveauté annoncée par les cryptomonnaies et dont le potentiel séduisait le milieu technologique. Aujourd’hui, ce potentiel tient à l’éventail des applications commerciales chez les sociétés assez ingénieuses pour personnaliser un système en vue d’optimiser leur modèle d’expansion des affaires.

La première opération en direct de la HSBC le prouve, ayant ramené le traitement des documents commerciaux à 24 heures, alors qu’il fallait habituellement de cinq à dix jours. Les entreprises désireuses de prendre de l’expansion en intensifiant leur stratégie de croissance transfrontalière entrevoient déjà les économies d’échelle, les gains d’efficacité et la sécurité à toute épreuve proposés par la chaîne de blocs. Et ces avantages s’offrent même aux plus petites entreprises prêtes à faire un saut évolutif.

«Ces projets prennent forme normalement, explique Joshua, lorsqu’un certain nombre de banques se regroupent et qu’elles choisissent un fournisseur de technologie à qui elles confient un cahier des charges pour l’élaboration d’une solution. Lors de la commercialisation, les banques peuvent constater que la solution ne correspond pas exactement aux attentes des clients.

«Project Voltron est différent, poursuit-il. L’expérience acquise en travaillant directement avec des négociants internationaux nous a donné une idée précise de l’objectif à atteindre et nous avons limité le développement à un stade jugé viable pour les opérations en direct. Nous avons ensuite collaboré étroitement en tout premier lieu avec nos négociants, qui ont eu leur mot à dire dans le développement afin que la solution leur convienne. L’étape de développement et de validation auprès des clients a été cruciale.»

Grâce au succès de cette opération, la HSBC s’apprête à en réaliser huit autres, notamment une deuxième et une troisième plus complexes avec le négociant international arrivé à maturité, en poursuivant les travaux de développement et de mise à l’essai avec sept autres banques et trois partenaires technologiques.

Le facteur canadien

De l’avis de Joshua, cette opération planifiée avec minutie bénéficiait avant tout d’une vision précise. Mais, est-elle pertinente pour le Canada?

Lui-même canadien, Joshua sent bien le pouls du commerce international en succursale et voit le potentiel d’amélioration. «Pour une entreprise canadienne, l’idée du commerce international peut être déroutante. Le regain d’intérêt pour le commerce international en dehors des États-Unis et du corridor nord-américain est tout récent.

Soutenus par l’accord commercial relativement nouveau entre l’UE et le Canada, par l’éclosion des liens avec la Chine et par la révision du partenariat transpacifique avec l’Asie, les échanges commerciaux s’intensifient, même si l’opacité du processus soulève un doute chez nombre d’observateurs. «Une nouvelle entreprise désireuse d’explorer ces marchés se demande souvent comment s’y prendre», ajoute Joshua.

Le numérique, libérateur des échanges

Les banques ne manquent pas de produits pour atténuer les risques du commerce international ou pour soutenir le fonds de roulement, mais les lettres de crédit traditionnelles et d’autres outils apportent des solutions dont la complexité fait souvent obstacle aux échanges, déplorent les entreprises technologiques.

«Nous tâchons d’accroître l’accès aux produits bancaires qui limitent les risques et fluidifient le commerce, tout en facilitant leur compréhension et leur utilisation, précise Joshua. Le numérique offre la meilleure façon d’y arriver.»

La proportion des sociétés canadiennes qui participent au commerce international demeure plutôt modeste, si l’on exclut les échanges avec les États-Unis et le Mexique, mais l’ampleur du potentiel apparaît à l’amorce d’une nouvelle phase de numérisation dans les entreprises.

C’est une belle occasion pour les entreprises canadiennes, estime Joshua, de profiter des nouveaux accords commerciaux en déployant une «solution pratique qui privilégie la technologie».

Le Canada peut tracer une meilleure voie

Dès que l’infrastructure nécessaire à une plateforme axée sur la chaîne de blocs sera opérationnelle, les applications pourront s’y multiplier sans exiger d’investissements majeurs. Les entreprises technologiques canadiennes qui manifesteront l’agilité voulue et qui comprendront l’utilisation de la chaîne de blocs auront naturellement l’occasion de proposer des solutions aux utilisateurs locaux ou internationaux.

Depuis le début de 2019, on estime à environ 2301 le nombre d’entreprises canadiennes en démarrage qui se consacrent à la chaîne de blocs. Preuve, s’il en fallait, que l’occasion de laisser leur marque dans le monde est bien réelle, elles investissent de 250 000 $US à 38 millions $US.

«Le potentiel le plus attrayant pour le secteur technologique au Canada dans les cinq prochaines années repose sur l’accès aux réseaux mondiaux en pleine éclosion de la chaîne de blocs, convient Joshua. Si nous savons y faire et que le secteur technologique canadien s’adapte, les entreprises jouiront d’un accès mondial direct.»

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