30 juillet 2018

Le commerce numérique

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Conference Board du Canada à

1-866-711-2262

Instantané

  • Le commerce numérique a explosé au cours de la dernière décennie. Les flux transfrontaliers de données contribuent déjà plus à l’économie mondiale que le commerce des marchandises. Et ce n’est que le début, car le commerce numérique fait son entrée dans les accords de libre-échange du XXIe siècle.
  • L’adoption des applications de la chaîne de bloc, ou blockchain, de l’intelligence artificielle et de l’Internet des objets ouvrira une foule de nouvelles possibilités aux entreprises présentes dans le commerce traditionnel et numérique, créera des marchés pour de nouveaux produits et services, et améliorera considérablement les processus opérationnels qui permettent de collecter, conserver et analyser des données sensibles.
  • Cependant, en plus du coût croissant des TI et de la cybersécurité, l’incertitude qui entoure la réglementation de la confidentialité des données et des flux transfrontaliers de données, conjuguée au protectionnisme numérique grandissant, posera de nouveaux problèmes aux entreprises.

 

Contexte

Depuis une dizaine d’années, le commerce numérique – c.-à-d. les transactions où on utilise Internet pour commander, produire ou livrer des produits, des services ou de l’information1 – connaît une croissance effrénée. Le commerce électronique facilite maintenant 12 % du commerce mondial des marchandises2. Acheteurs et vendeurs de tous types de biens et de services peuvent se connecter instantanément, profitant de la multiplication des marchés en ligne. Et la numérisation3 est à l’origine d’une profusion de produits numériques qu’on peut vendre à l’échelle internationale d’un seul clic.

Les flux transfrontaliers de données sous-tendent tout le commerce numérique international et leur contribution à l’économie mondiale dépasse déjà celle du commerce des marchandises4. Depuis 2010, les flux transfrontaliers de données augmentent de manière exponentielle et doublent, en fait, tous les 24 mois (voir le graphique 1). D’après le McKinsey Global Institute, cette tendance devrait même durer un bon moment encore.

Les flux transfrontaliers de données, qui avoisinent les 500 térabits par seconde aujourd’hui, devraient approcher les 2 000 térabits d’ici le début des années 20205.

De nouvelles applications tirant parti du pouvoir des technologies de l’intelligence artificielle (IA), de l’Internet des objets (IDO) et de la chaîne de blocs (blockchain) joueront un rôle clé dans l’intensification du commerce numérique dans les prochaines années. Donc, la demande mondiale de nouveaux produits et services reposant sur ces technologies explosera dans la décennie à venir. En particulier, des entreprises de tous les secteurs auront besoin de solutions infonuagiques performantes s’appuyant sur la puissance de l’IA, de l’IDO et de la blockchain pour mieux collecter, conserver et analyser les données et en extraire de la valeur.

Graphique 1

 

Sources : TeleGeography, Global Bandwidth Forecast Service; analyse du McKinsey Global Institute; James Manyika et autres, « Digital Globalization: The New Era of Global Flows » (McKinsey Global Institute, 2016).

 

Défis et possibilités

L’intensification du commerce numérique et des flux transfrontaliers de données s’accompagne de défis de taille pour les entreprises canadiennes, qu’ils tiennent au coût des TI et de la cybersécurité ou aux écueils du protectionnisme numérique grandissant dans le monde.

Cependant, le commerce numérique recèle d’infinies possibilités. Les applications de la chaîne de blocs, de l’intelligence artificielle et de l’Internet des objets créeront de tout nouveaux marchés pour les produits numériques, tout en rationalisant le commerce traditionnel des marchandises et en en favorisant un nouveau développement.

Défi : Protectionnisme numérique grandissant

Le commerce numérique n’est pas à l’abri des obstacles au commerce et des politiques protectionnistes. En fait, de plus en plus de pays adoptent des mesures qui limitent les flux transfrontaliers de données et entravent le commerce numérique6. Les mesures relatives à la localisation des données, qui obligent les entreprises à les détenir à l’intérieur des frontières d’un pays, constituent le type d’obstacles le plus courant. On y recourt dans le monde entier, y compris en Chine, en Europe, aux États-Unis et au Canada (notamment pour le stockage des données gouvernementales)7.

La confidentialité et la sécurité sont des motifs souvent invoqués par les gouvernements pour justifier le recours à ces politiques. Mais la protection au final des acteurs nationaux face à la concurrence internationale peut également être un motif sous-jacent. Et, de même que les obstacles au commerce traditionnel, les entraves au commerce numérique – comme les obligations relatives à la localisation des données – peuvent également nuire à la productivité et au PIB. Une étude de 2016 évalue à environ 0,5 % les pertes de PIB pour la Chine, la Corée et l’UE8. Les obstacles aux flux transfrontaliers de données font également perdre des possibilités d’affaires, surtout aux petites entreprises qui n’ont pas forcément les moyens de s’y retrouver dans ces règles et de s’y conformer.

Possibilités

De nouveaux accords commerciaux tenant compte du commerce numérique. Étant donné l’importance croissante du commerce numérique dans le commerce mondial, les accords commerciaux que négocie actuellement le Canada comportent des dispositions expresses sur les règles et obstacles visant le commerce numérique. Ainsi, l’ALENA et le Partenariat transpacifique comprendront tout un chapitre sur le sujet, ce qui aidera à protéger des débouchés sur des marchés étrangers pour les entreprises canadiennes qui vendent des produits et services numériques.

La technologie de la chaîne de blocs permet le commerce traditionnel de marchandises. Avec des applications issues de la technologie de la chaîne de blocs qui sont sur le point de révolutionner le segment du financement du commerce, le commerce des marchandises traditionnel et numérique seront encore plus indissociables dans les prochaines années9. Les plateformes de financement du commerce reposant sur cette technologie pourraient offrir un système numérique sécurisé pour toute la documentation nécessaire, ce qui comprend les lettres de crédit et les certifications d’expédition, les rendant ainsi facilement accessibles aux différents intervenants le long de la chaîne d’approvisionnement et fournissant des mises à jour en temps réel sur chaque étape du processus10. La numérisation du financement du commerce pourrait aussi beaucoup améliorer les options de financement à la disposition des petites et moyennes entreprises, notamment en réduisant les risques liés à chaque transaction11. Maersk, la compagnie maritime, travaille actuellement en partenariat avec IBM pour mettre au point et essayer une plateforme reposant sur la chaîne de blocs12.

Défi : Dépenses croissantes de TI et de cybersécurité

Pour tirer pleinement parti du commerce numérique, les entreprises doivent beaucoup investir dans leurs systèmes et leur infrastructure de TI. De plus, les menaces croissantes de violation de données obligent à consacrer plus de ressources à la cybersécurité, surtout pour les entreprises qui manipulent de grandes quantités de données confidentielles. En 2016, au Canada, le coût moyen des violations de données était supérieur à 6 M$, soit 13 % de plus qu’en 201513.

Possibilités

Se procurer des intrants et trouver des talents. D’un seul clic, le commerce numérique permet aux entreprises de traiter avec des fournisseurs de biens et de services du monde entier, et il est susceptible de permettre des économies importantes et d’améliorer la productivité. Pour les petites entreprises et les entreprises en démarrage, il est plus facile que jamais d’accéder à l’infrastructure de TI nécessaire par l’intermédiaire de services infonuagiques. Les entreprises peuvent aussi accéder à un bassin mondial de talents en consultant sur des marchés en ligne comme Upwork et Freelancer. En établissant des liens entre des talents et les besoins mondiaux, c.-à-d. en faisant en sorte de mieux les mettre en adéquation, on pourrait ajouter 2,7 T$ au PIB mondial d’ici 202514.

Puiser dans la multitude de données. En investissant dans une infrastructure et des systèmes de TI pour participer au commerce numérique, les entreprises se positionnent pour recueillir des données et des renseignements fort utiles sur leurs clients et leurs fournisseurs, ce qui peut les aider à repérer de nouveaux débouchés, à prendre de meilleures décisions, à réaliser des économies et à obtenir un avantage concurrentiel. En outre, dans la prochaine décennie, les applications de l’IDO conduiront à une multiplication des données que les entreprises pourront utiliser et monétiser. D’après Bain & Company, le marché mondial des applications de l’IDdO vaudra plus de 450 G$ d’ici 2020 et le seul segment interentreprises devrait en représenter les deux tiers15.

 

Surfer sur la tendance

En moins de 15 ans, l’explosion du commerce numérique a bouleversé bien des modèles commerciaux et des industries. Les entreprises doivent s’habituer à la vitesse du changement, car elle ne fera que s’accélérer avec des technologies telles que l’IA et l’IDO et à mesure que les applications de la chaîne de blocs se généraliseront. Pour ne pas se laisser dépasser et pour tirer le meilleur parti des immenses possibilités de la révolution numérique, les entreprises doivent :

Chercher à attirer les meilleurs talents et investir continuellement dans leur effectif

  • Pour tirer pleinement parti du commerce numérique, les entreprises doivent investir dans leurs talents. Il leur faut des dirigeants et des gestionnaires qui comprennent les toutes dernières tendances technologiques et leurs conséquences, et qui soient capables de définir des stratégies numériques fructueuses. De plus, pour exécuter ces stratégies, il faut d’éminents spécialistes en technologie, comme des scientifiques des données, des concepteurs de logiciels et des programmeurs.
  • L’évolution technologique étant sans cesse à l’origine de nouvelles tendances et possibilités, les entreprises doivent aussi former leurs employés aux compétences numériques. Il sera essentiel pour elles de proposer régulièrement des formations et des occasions de perfectionnement, si elles veulent rester compétitives à long terme et garder leurs meilleurs employés. Les débouchés sont maintenant mondiaux et la course aux talents l’est aussi.

Se tenir informées des lois les plus récentes sur la protection de la confidentialité des données et sur les flux transfrontaliers de données

  • Tout un tas de règlements étrangers s’appliquent aux flux transfrontaliers de données. Certains visent à protéger la vie privée des consommateurs et d’autres, les entreprises locales. L’utilisation de l’infonuagique se généralisant rapidement, on se demande de plus en plus aussi où et comment ces données sont stockées, qui en est propriétaire et qui y a accès.
  • Les gouvernements ayant toujours une longueur de retard sur le commerce numérique, nous nous attendons à une augmentation de la réglementation à l’avenir16, ce qui compliquera encore la tâche et alourdira les coûts de conformité. Les entreprises ne devraient pas laisser la perspective de nouveaux règlements les empêcher d’innover, mais il deviendra de plus en plus important d’obtenir les bons conseils juridiques pour éviter des conséquences imprévues des changements à la réglementation.

 

Expérience des exportateurs canadiens

Nom de l’entreprise : CC Global Solutions Inc.

Emplacement : Burlington (Ontario)

Site Web : ccglobalsolutions.net

Produit : Conception, production et livraison de produits de développement de marque

Année de création / Exporte depuis : 2014 / 2014

Employés : 17

Chiffre d’affaires : 7 M$

Part des ventes à l’exportation : 10 %

Marchés d’exportation : États-Unis, Europe, Russie, Australie

Description

CC Global Solutions (CCGS) est un fabricant verticalement intégré de produits de développement de marque, soutenu par une infrastructure numérique pour tout, de la création des produits à leur entreposage et à leur livraison.

Avantage concurrentiel

Le système de gestion globale de l’entreprise relie ensemble tous les éléments de la chaîne d’approvisionnement, ce qui lui permet de livrer des produits de qualité à temps et sans dépassement de budget. Ce logiciel collaboratif occupe une place centrale dans les activités de l’entreprise, de l’idée de produit à sa consommation par l’utilisateur final, et il réduit aussi les risques de malentendu entre des entreprises internationales et leurs fournisseurs.

Relever les défis du commerce numérique et des flux transfrontaliers de données

La sécurité des données à une époque où les cyberattaques se multiplient

Pour régler les problèmes liés aux flux transfrontaliers de données et à la sécurité des données, l’entreprise a opté, entre autres, pour la création au Canada d’un centre de données de niveau 4 totalement conforme et doté de caractéristiques et d’une sécurité renforcés.

Complexité et coût accrus liés à la réglementation des flux transfrontaliers de données

« Les relations politiques entre pays ne cessant d’évoluer, les restrictions renforcées aux flux transfrontaliers de données deviendront de plus en plus complexes et courantes. Les entreprises qui se dotent de systèmes pour gérer ces relations complexes seront plus en mesure, stratégiquement, de s’implanter sur des marchés qui imposent des restrictions géopolitiques aux flux de données. » — Annette Mitchell, présidente

Plan de croissance future

CCGS a pour but d’arriver à ce que ses ventes à l’exportation passent de 10 % de son chiffre d’affaires actuellement à 50 à 60 %. « Nous voulons nous diversifier et devenir une entreprise vraiment mondiale, afin de réduire au minimum le risque associé aux aléas d’un marché unique », explique Mme Mitchell. Quant aux marchés géographiques que vise l’entreprise : « Nous suivons juste le problème. Nous voulons être géospatialement ‘agnostiques’ », conclut-elle.

Conseils en matière d’exportation

  1. Il faut avoir du personnel sur le terrain, surtout dans les pays à plusieurs fuseaux horaires de distance.
  2. Il ne faut pas hésiter à faire affaires avec de petites entreprises. « Aujourd’hui, les entreprises doivent être mondiales et souples et ne pas bouder les jeunes pousses novatrices, souligne Mme Mitchell.
  3. Le service à la clientèle est essentiel. « Nous y mettons enthousiasme et énergie. Il est inscrit dans notre système destiné à améliorer l’expérience client et à livrer des produits de qualité en temps voulu et à un prix économique », déclare Mme Mitchell.

Remerciements

Cette série d’études est financée par la Banque HSBC Canada et réalisée par Le Conference Board du Canada.

Pour toute demande de renseignements, veuillez communiquer avec Le Conference Board du Canada à www.conferenceboard.ca ou au 1-866-711-2262.

  1. Il n’existe pas de définition standard du commerce numérique. Cette définition repose sur celle de la Commission du commerce international des États-Unis donnée dans Stamps et Coffin, Digital Trade in the U.S. and Global Economies, Part 2, www.usitc.gov/publications/332/pub4485.pdf
  2. James Manyika et autres, Digital Globalization: The New Era of Global Flows, McKinsey Global Institute, 2016, www.mckinsey.com/business-functions/digital-mckinsey/our-insights/digital-globalization-the-new-era-of-global-flows
  3. La capacité de convertir de l’information, des produits ou des services en format numérique, ce qui permet aux entreprises de les échanger facilement par-delà les frontières
  4. Ibid
  5. James Manyika et autres, Digital Globalization: The New Era of Global Flows, McKinsey Global Institute, 2016, www.mckinsey.com/business-functions/digital-mckinsey/our-insights/digital-globalization-the-new-era-of-global-flows
  6. Council on Foreign Relations, « The Rise of Digital Protectionism Insights From a CFR Workshop », consulté le 11 décembre 2017, www.cfr.org/report/rise-digital-protectionism
  7. Nigel Cory, « Cross-Border Data Flows: Where Are the Barriers, and What Do They Cost? », Information Technology and Innovation Foundation, mai 2017, http://www2.itif.org/2017-cross-border-data-flows.pdf
  8. Matthias Bauer et autres, Tracing the Economic Impact of Regulations on the Free Flow of Data and Data Localization, Waterloo, Centre for International Governance Innovation, mai 2016, https://www.cigionline.org/publications/tracing-economic-impact-regulations-free-flow-data-and-data-localization
  9. Intelligent Trade and Tech Initiative, « Building ITTI: Intelligent Trade and Tech Initiative—A Discussion Paper », http://itti-global.org/wp-content/uploads/2017/12/ICC_DP_ITTI-2.pdf
  10. Ibid
  11. Ibid
  12. Maersk, « IBM and Maersk Demo: Blockchain Cross-Border Supply Chain Solution », 13 septembre 2017, www.youtube.com/watch?v=IJFIoQ-_hLk
  13. Ponemon Institute LLC, 2016 Cost of Data Breach Study: Canada, Michigan, Ponemon Institute LLC, 2016, http://m.softchoice.com/web/content/m/usg-assets/2016CostofDataBreach-CanadaStudy.pdf
  14. James Manyika et autres, A Labor Market That Works: Connecting Talent With Opportunity in the Digital Age, McKinsey Global Institute, 2015
  15. Peter Bowen, Asit Goel, Michael Schallehn et Michael Schertler, « Choosing the Right Platform for the Industrial IoT », Bain & Company, 18 septembre 2017, www.bain.com/publications/articles/choosing-the-right-platform-for-the-industrial-iot.aspx
  16. Par exemple, le règlement général sur la protection des données en préparation en Europe sera lourd d’incidences et s’annonce parmi les plus stricts du monde en matière de protection de la confidentialité des données. Detlev Gabel, « Chapter 13: Cross-Border Data Transfers—Unlocking the EU General Data Protection Regulation », www.whitecase.com/publications/article/chapter-13-cross-border-data-transfers-unlocking-eu-general-data-protection

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