12 juin 2019

Les entreprises canadiennes à l’affût de nouvelles chaînes d’approvisionnement en réponse à la guerre commerciale sino-américaine

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CONTENU COMMANDITÉ AVEC LE QUOTIDIEN THE GLOBE AND MAIL

Nanoleaf est une véritable histoire à succès, et son PDG, Gimmy Chu, ne pourrait en être plus fier.

M. Chu et ses deux cofondateurs se sont rencontrés dans le cadre d’un concours de création d’une voiture propulsée à l’énergie solaire. En 2012, avec quelques fonds de démarrage, ils se retrouvent pour mettre sur pied une entreprise qui fabrique une ampoule hautement efficace. Depuis ces humbles débuts, Nanoleaf est devenue l’un des chefs de file mondiaux des produits d’éclairage intelligents.

Aujourd’hui cependant, la croissance de ses exportations est menacée par un différend commercial qui oppose Washington et Beijing, et qui n’a strictement rien à voir avec son pays d’origine.

«Ce qui se passe en ce moment sur la scène commerciale internationale a d’énormes répercussions. Notre entreprise est canadienne et vend principalement ses produits, assemblés en Chine, aux États-Unis, dit M. Chu. Or, c’est la guerre commerciale que se livrent les États-Unis et la Chine qui nous touche le plus.»

Étant donné les incertitudes commerciales, des fabricants canadiens comme Nanoleaf repensent leur façon de faire des affaires, de gérer leur financement et d’organiser leurs chaînes d’approvisionnement, explique Nick Fisher, responsable en chef régional, expansion des affaires, Ontario – Commerce international et financement des comptes client, Banque HSBC Canada.

«Qu’il s’agisse de trouver de nouveaux acheteurs ou fournisseurs, les entreprises canadiennes sont prêtes à commercer et ouvertes aux nouvelles idées, rappelle M. Fisher. Même si Nanoleaf et bien d’autres entreprises se tournent encore vers la Chine pour les matières premières et les produits finis destinés aux consommateurs nord-américains, elles sondent d’autres marchés pour soutenir leur chaîne d’approvisionnement.»

Comme le dit Kamala Raman, analyste principale du cabinet de recherche Gartner, «la situation est particulièrement grave pour les entreprises qui, pour répondre aux besoins des consommateurs américains, comptent directement ou non sur une chaîne d’approvisionnement chinoise.»

«Aux États-Unis, les importateurs déclarent déjà des coûts additionnels de 6 milliards de dollars US par mois en tarifs douaniers, et bon nombre d’entreprises ont annoncé que les tensions commerciales se répercutent sur leurs résultats», lit-on dans un article écrit par Mme Raman.

Les États-Unis ont déjà imposé des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium canadiens et sur des produits chinois dont la valeur s’élève à quelque 200 milliards de dollars US. Après l’expiration du délai d’un accord commercial avec Beijing, le 10 mai, le président américain Donald Trump a haussé les tarifs douaniers sur des biens importés de Chine.

Cependant, il n’est pas simple de trouver de nouveaux partenaires de chaîne d’approvisionnement ailleurs qu’en Chine.

«Comme nous l’avons observé chez certains clients, la transition vers de nouveaux marchés d’approvisionnement comporte des défis additionnels et exerce une pression sur le fonds de roulement, explique M. Fisher, de la HSBC. Par exemple, le transit des biens en provenance de ces nouveaux marchés est plus long et les conditions offertes par ceux-ci sont moins avantageuses.»

Quand un changement se produit dans les partenaires de la chaîne d’approvisionnement, fournisseurs et clients doivent traiter avec des partenaires qui ne se connaissent pas les uns les autres, et avec d’autres clients qui importent des biens selon un échéancier plus rapide que la normale, de crainte que les coûts augmentent en raison d’éventuels tarifs douaniers plus élevés», ajoute-t-il.

Tous les coûts de la chaîne d’approvisionnement augmentent. «Il en résulte des coûts de possession et des frais de transport et d’entreposage des stocks plus élevés pour une période plus longue qu’avant», souligne M. Fisher.

M. Chu, de Nanoleaf, expose la délicate position dans laquelle son entreprise se trouve. «Pour un produit que nous vendons 199 $, nous avons absorbé une bonne partie de la hausse du coût dans le cadre de la première ronde de tarifs et nos partenaires en ont absorbé une autre. Nous nous sommes dit qu’il n’y avait pas grand-chose d’autre à faire en attendant la suite des choses.» Mais si les tarifs continuent de grimper ou demeurent toujours élevés, viendra un temps où les prix augmenteront pour tout le monde, a-t-il expliqué.

Même les tarifs transfrontaliers sur l’acier et l’aluminium touchent les chaînes d’approvisionnement canadiennes de certaines entreprises, précise M. Fisher. «Un de nos clients, un négociant d’acier de l’Ontario, a dû réexaminer ses principaux fournisseurs américains en raison des tarifs douaniers.»

La gestion du fonds de roulement

Comme le mentionne M. Fisher, les différends commerciaux obligent les clients à gérer autrement leur fonds de roulement. «Les clients qui expédient directement aux États-Unis des produits destinés aux détaillants américains s’inquiètent d’éventuelles hausses et utilisent leur fonds de roulement pour soutenir des niveaux de stock et des frais liés aux marchandises plus élevés, et ce, parce que ces marchandises sont stockées dans des entrepôts de tiers beaucoup plus tôt qu’en temps normal. Dans certains cas, les clients utilisent ces entrepôts pour la première fois, ce qui crée d’autres problèmes d’ordre logistique et opérationnel», dit-il.

À cela s’ajoutent d’autres préoccupations liées au fait de s’approvisionner auprès de nouveaux marchés pour mettre fin aux incertitudes, poursuit M. Fisher. Par exemple, il peut s’agir de frais de transport plus élevés, d’un recul causé par un changement dans les méthodes de production, de rentabilité ou des situations imprévues découlant de l’entrée sur de nouveaux marchés à la recherche de fournisseurs.

Il peut être essentiel dans une telle situation de discuter avec des experts en financement international. «Une banque comme la HSBC, qui a une présence mondiale, peut offrir des conseils et des solutions, soutient M. Fisher. Nous possédons une expertise en commerce international et financement des comptes clients.»

Bien qu’un changement de fournisseurs comporte des risques, il offre aussi des occasions, ajoute-t-il. Par exemple, les entreprises peuvent dénicher de meilleurs fournisseurs offrant de meilleures conditions dans de nouveaux marchés.

«La question que l’entreprise doit se poser est la suivante : Quelle stratégie convient le mieux dans ma situation actuelle? Dans vos négociations avec la banque, vous ne voulez pas une solution toute faite, mais plutôt une conversation approfondie qui cerne ce en quoi votre entreprise est unique. Et cela vaut également pour un programme de financement.»

Fabrication, tarifs douaniers et guerre commerciale

  • Les États-Unis sont le plus important partenaire commercial du Canada. Le Canada a tout de même importé des biens d’une valeur de près de 55 G de $US de la Chine, biens qui consistaient surtout en produits manufacturés.
  • Le 1er juin 2018, Donald Trump, le président des États-Unis, avait imposé des tarifs de 25 % et 10 % respectivement sur l’acier et l’aluminium importés du Canada, de l’Union européenne et du Mexique. L’imposition de ces tarifs a pris fin le 17 mai.
  • Pendant ce temps, le Canada, les États-Unis et le Mexique ont poursuivi leurs négociations et conclu un nouvel accord de libre-échange, l’Accord Canada États-Unis Mexique (ACEUM) pour remplacer l’ALENA. Toutefois, cet accord n’a pas encore été ratifié par un ou l’autre des trois pays.
  • Gimmy Chu, le chef de la direction de Nanoleaf, dit que l’ACEUM ne changera pas grand-chose à son commerce transfrontalier. Le plus important pour lui est les acquis de l’ALENA en matière de libre-échange, ce qui lui permet de conserver son siège social au Canada plutôt qu’aux États-Unis et de minimiser les irritants dans la gestion de sa chaîne d’approvisionnement en Chine.
  • La guerre commerciale que se livrent les États-Unis et la Chine représente un plus grave sujet de préoccupation pour les manufacturiers. D’ailleurs, les États-Unis ont relevé la pression d’un cran le 10 mai dernier avec l’annonce de nouveaux tarifs. La HSBC conseille aux entreprises avec une chaîne d’approvisionnement en Chine de penser à réaménager leur fonds de roulement pour faire face à d’éventuels changements, comme une augmentation des dépenses ou la nécessité de recourir à l’entreposage.

LE CONTENU A ÉTÉ CRÉÉ PAR LE GLOBE CONTENT STUDIO. LE SERVICE ÉDITORIAL DU JOURNAL N’Y A PAS PARTICIPÉ.

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