25 mai 2020

Conséquences économiques de la COVID-19 au Canada

Le confinement à l’échelle mondiale pour lutter contre la pandémie de coronavirus a durement touché l’économie canadienne qui était déjà en perte de vitesse – et la consommation ne peut pas nous aider cette fois-ci.

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Le confinement à l’échelle mondiale pour lutter contre la pandémie de coronavirus porte un dur coup à l’économie canadienne, mais il est possible de sortir de la crise fort et résilient 

Nous n’avons plus aucune certitude en cette période de pandémie mondiale. Il est impossible de savoir quand la contagion sera contenue, quand les mesures nécessaires pour lutter contre la maladie, mais qui paralysent l’économie seront assouplies, ni quand et comment l’économie reprendra. En revanche, nous savons que chaque semaine de confinement entraînera une diminution de 0,55 % à 0,8 % du PIB mondial. Ainsi, en 2020, nous nous attendons à ce que le PIB recule de 3,3 % à l’échelle mondiale, de 5,9 % dans les pays développés et de 3,4 % au Canada.

Nous croyons que les répercussions sur l’économie seront beaucoup plus graves que celles ressenties lors de la crise financière mondiale, mais que la reprise pourrait être assez rapide. La reprise de l’activité économique entraînera un rebond, mais certains effets continueront de se faire sentir de sorte qu’il est peu probable que le PIB retrouve son rythme de croissance avant la fin de 2021, au plus tôt. Bien entendu, il faut d’abord tenir compte du moment de la reprise – plus les restrictions se prolongent, plus les prévisions deviennent incertaines.

Pour le Canada, le choc mondial est survenu à un mauvais moment. À la fin de 2019, certains signes montraient déjà un ralentissement de l’économie, suffisant pour que la Banque du Canada évoque une possible baisse des taux d’intérêt en janvier 2020. Au pays, le risque a été amplifié par les barricades érigées sur les voies ferrées en février, de sorte que lorsque la menace de la COVID-19 s’est concrétisée et que les prix du pétrole ont fortement diminué au même moment au début de mars, le Canada a été durement touché. En particulier, la confiance des consommateurs et des petites et moyennes entreprises a chuté. De plus, le taux de chômage a grimpé en flèche et devrait atteindre 13,1 % en avril.

À l’instar du reste du monde, le gouvernement et les ménages canadiens affichent un niveau d’endettement excessif. La hausse du chômage compromet la capacité de remboursement des prêts hypothécaires et pèse sur la confiance et les dépenses des consommateurs. Le taux de chômage ne s’améliorera pas dès la reprise des activités, et il est peu probable que l’emploi renoue avec son niveau de 2019 avant cinq à dix ans. Bon nombre d’entreprises qui ont fermé leurs portes pendant le confinement ne pourront pas rouvrir leurs portes et celles qui le feront hésiteront à investir ou à prendre de l’expansion trop rapidement.

Le chômage entraînera un accroissement des défauts de remboursement des dettes de consommation et des prêts hypothécaires en souffrance, ce qui aura de graves répercussions sur les dépenses à court terme. Les dépenses ne pourront pas revenir aux niveaux d’avant la crise. Les ménages devront utiliser leur revenu disponible pour rembourser leurs dettes et diminuer leur niveau d’endettement.

Il s’agit d’un défi particulier pour le Canada, dont la croissance économique au cours de la dernière décennie a été alimentée par la consommation, au prix d’une augmentation de la dette. Pour se redresser, l’économie canadienne devra changer et il faudra miser sur l’innovation et la recherche et développement en plus de travailler à accroître la productivité.

«Durant la reprise, l’économie canadienne fera face à des obstacles auxquels d’autres économies ne seront pas nécessairement confrontées. Pour ce qui est de la consommation des ménages, elle ne pourra pas participer autant à la croissance que par le passé», a déclaré David Watt, économiste en chef à la Banque HSBC Canada.

Les prix du pétrole sont l’autre défi auquel le Canada fait face et qui aura des répercussions sur l’emploi et les dépenses en immobilisations. Les investissements dans le secteur du pétrole et du gaz constituent une part importante des investissements totaux des entreprises depuis 2000, représentant plus de 75 % des investissements non résidentiels entre 2010 et 2014. Si les prix du pétrole demeurent inférieurs au seuil de rentabilité, les dépenses en immobilisations vont en pâtir.

«Il sera très important que les programmes gouvernementaux incitent les entreprises, en particulier à l’extérieur du secteur énergétique, à investir dans les immobilisations, dont la machinerie», a ajouté M. Watt.

Le rééquilibrage sera difficile, mais nécessaire afin que la croissance de l’économie soit moins dépendante de la consommation, surtout lorsque cette croissance se fait au prix d’un lourd endettement. Le gouvernement doit d’abord favoriser les investissements des entreprises et miser sur un accroissement de la productivité et de la compétitivité. La situation était identique avant même le début de 2020, elle a tout simplement été exacerbée par la crise actuelle.

En juillet dernier, nous affirmions que l’économie canadienne devait se rééquilibrer de façon à miser davantage sur les exportations et les investissements des entreprises au cours des prochaines années. Nous le répétons, les politiques gouvernementales doivent favoriser une meilleure compétitivité afin que les entreprises canadiennes puissent tirer parti de la réduction des barrières commerciales avec l’Union européenne, la plupart des pays d’Asie et les États-Unis.

Le ralentissement économique provoqué par la crise sera douloureux, la reprise qui suivra sera également une source d’occasion. Ce sera au gouvernement de veiller à ce que ses mesures visent à orienter la reprise dans le but de créer une économie canadienne résiliente et durable pour l’avenir.

Cet article est fondé sur les perspectives économiques de Janet Henry, économiste en chef du Groupe HSBC, et de David Watt, économiste en chef, présentées dans le cadre d’un webinaire qui a eu lieu le 15 avril et qui s’intitule «Maintenir le cap en période d’incertitude : Revue de l’économie et perspectives».

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