10 juin 2016

Les «zones idéales» au Mexique, 3e partie

Ceci est le troisième article d’une série en trois parties sur les occasions d’affaires et d’échanges commerciaux pour les entreprises canadiennes au Mexique.

Dans la première partie, nous avons brossé un portrait de l'état actuel du commerce entre le Canada et le Mexique, environ 20 ans après l'adoption du Traité de libre-échange nord-américain (ALENA).

Dans la deuxième partie, nous avons examiné comment les entreprises canadiennes peuvent évaluer leurs chances de succès dans certains secteurs d'activité au Mexique et les conditions dans lesquelles il sera possible d'y prospérer à l'avenir. Dans cette troisième partie, nous nous intéressons de près aux secteurs d'activité qui se sont révélés des «zones idéales» au cours des 20 dernières années, ainsi qu'à d'autres secteurs en émergence.

Les entreprises canadiennes qui ont connu du succès au Mexique au cours des deux décennies qui ont suivi l'adoption de l'ALENA l'ont fait souvent malgré des relations difficiles et parfois assez tendues entre les deux pays.

Or, comme on l'a vu dans la première partie de cette série, aujourd'hui l'environnement commercial Canada-Mexique, sans être parfait, est beaucoup plus favorable. De plus, les réformes mises en œuvre par le président mexicain Enrique Peña-Nieto ont ouvert le pays à une concurrence et à une participation étrangère accrues.

Les clés du succès pour les entreprises canadiennes consistent, comme mentionné dans la deuxième partie de cette série, à se doter d'un avantage concurrentiel international (ACI) et à exercer leurs activités dans des secteurs où les obstacles sont limités et où elles ont une expertise confirmée.

Pour comprendre les secteurs de l'économie mexicaine qui vont s'ouvrir au commerce et aux investissements canadiens à court et à long terme, il peut être utile d'examiner en détail quelques exemples précis. Considérons à cette fin deux secteurs où les entreprises canadiennes ont déjà fait des percées et deux autres où les obstacles commencent tout juste à être levés.

Pièces de véhicules à moteur

Peu de secteurs canadiens ont connu autant de bouleversements que celui de l'automobile au cours des dernières années. Les États-Unis ont toujours dominé la fabrication de véhicules sur le continent, le Canada arrivant bon deuxième. Le Canada a aussi favorisé l'essor des exportations de pièces d'automobiles aux fabricants américains.

Toutefois, l'an dernier, la part du Canada sur le marché nord-américain de la fabrication de véhicules est tombée à 14 pour cent - son niveau le plus faible depuis 1987 - alors que la part du Mexique a grimpé à 19 pour cent, soutenue par les investissements massifs des géants de l'automobile comme BMW, Audi, Volkswagen et d'autres1 dans des usines de fabrication au Mexique. Les fabricants ont été attirés par les conditions de commerce international avantageuses du Mexique pour les automobiles. Les véhicules fabriqués au Mexique peuvent en effet être exportés sans droits de douane partout en Amérique latine, aux États-Unis, en Europe et au Japon.

Même si l'ALENA et d'autres accords commerciaux subséquents ont affaibli la position concurrentielle des fabricants d'automobiles canadiens, l'arrivée de fabricants étrangers au Mexique, combinée à de généreux incitatifs et à des processus d'approbation accélérés, a créé une «zone idéale» pour les fabricants de pièces d'automobile canadiens, selon le Conference Board du Canada2.

Les entreprises canadiennes qui approvisionnaient les usines d'automobiles locales ou qui exportaient leur production vers les fabricants d'automobiles américains ont remporté un grand succès auprès des fabricants européens installés au Mexique. D'ailleurs, la zone s'est avérée à ce point idéale que le fabricant de pièces canadien Magna International est aujourd'hui le quatrième employeur du secteur privé au Mexique3, seulement 15 ans après avoir ouvert sa première usine au pays.

L'avenir du secteur de l'automobile au Mexique est toutefois loin d'être assuré. Il faudra notamment surveiller la façon dont les choses évoluent dans les négociations en cours sur le Partenariat transpacifique, car la fabrication d'automobiles a été source de controverse. (Voir «Les zones idéales au Mexique, 1re partie».)

Exportateurs de produits alimentaires

La classe moyenne au Mexique a connu une forte expansion depuis l'entrée en vigueur de l'ALENA, et en conséquence, les revenus et les possibilités ont augmenté. Les familles de cette classe moyenne naissante ont développé un goût pour les aliments emballés de marque, qui étaient auparavant trop chers pour eux.

Même si le transport, le marketing et la vente de produits alimentaires canadiens de marque au Mexique se sont avérés difficiles et coûteux, cette tendance a profité aux exportateurs de produits de base canadiens qui approvisionnent le secteur mexicain de la transformation des aliments. L'explosion de la demande d'aliments transformés au Mexique a stimulé la demande pour les intrants agricoles les plus utilisés par l'industrie, en particulier les oléagineux, et les agriculteurs canadiens ont répondu.

Le colza, qui est utilisé dans la fabrication de l'huile de canola, est devenu le principal produit d'exportation du Canada4 vers le Mexique et il représente maintenant 14 pour cent (ou 723 millions $CA) du marché mexicain ou près de 91 pour cent des importations de canola5.

Même aujourd'hui, la production mexicaine d'oléagineux représente seulement 7 pour cent6 des besoins du pays. Le gouvernement mexicain a réagi en créant le programme de soutien Pro-Oilseeds, qui offre des incitatifs aux producteurs du pays, mais l'augmentation de 10 % visée par ce programme est loin d'être suffisante pour répondre à la demande. Le solide marché d'exportation du Canada n'est donc pas menacé.

Le blé est aussi un ingrédient de base dans bon nombre de ces produits. Or, à titre de troisième exportateur de blé dans le monde après les États-Unis et la France, le Canada en a largement profité. Depuis l'ALENA, les exportations de blé canadien au Mexique n'ont cessé de croître. Elles représentent maintenant une part de marché de 6 pour cent, soit plus de 306 millions $CA par année.

Quel que soit le climat politique ou économique ici ou au Mexique, les exportateurs canadiens vont probablement continuer de tirer leur épingle du jeu dans les secteurs manufacturier et agricole où ils sont déjà bien enracinés. Toutefois, de nouvelles zones idéales émergent dans d'autres secteurs. (Voir «Les zones idéales au Mexique, 2e partie» pour obtenir la liste complète publiée par le Conference Board du Canada.)

Services financiers

En janvier 2014, le Mexique a adopté une série de réformes des services financiers visant à réduire les coûts d'emprunt pour les petites et moyennes entreprises (PME) mexicaines.

Les réformes reconnaissaient que la concurrence constituait un puissant incitatif à la réduction des coûts et que le moyen le plus rapide pour accroître la concurrence consistait à favoriser l'investissement direct étranger (IDE) dans le secteur. La tactique semble fonctionner.

Les services financiers représentent désormais 17,1 pour cent de l'IDE au Mexique, devancés seulement par la fabrication dans la liste des secteurs examinés par le Conference Board du Canada. D'ailleurs, cette proportion de 17,1 pour cent dépasse de loin la part des services financiers dans la production économique du pays, ce qui fait dire à l'étude que le Canada est entré dans la cour des grands et témoigne clairement de l'ouverture du marché aux investissements.

Les réformes, qui incluent des dispositions visant à réduire les risques pour les fournisseurs étrangers, devraient permettre aux entreprises canadiennes d'augmenter leur présence dans le secteur du crédit commercial au Mexique, selon un rapport du Conseil canadien des chefs d'entreprise intitulé Canada's Trade with Mexico: Where we've been, where we're going and why it matters, publié en février 20147.

Production d'électricité

Ceux qui ont déjà lancé une entreprise au Mexique connaissent les problèmes que cela peut comporter, dont celui bien connu de faire fonctionner l'éclairage. Selon l'indice de la facilité de faire des affaires de la Banque mondiale, le Mexique est assez bien classé, arrivant au 39e rang des 189 pays évalués. Par contre, l'«enregistrement des propriétés» et la «fiabilité de l'électricité8»constituent deux grandes lacunes.

Toutefois, les choses sont sur le point de changer complètement. Le président Peña-Nieto a défendu des changements législatifs9 visant à favoriser les investissements privés et étrangers dans les secteurs du pétrole, du gaz et de l'électricité au Mexique. Les entreprises canadiennes peuvent y trouver des débouchés pour la vente de matériel et de savoir-faire au moment où l'augmentation prévue des projets de construction reliés à l'électricité commence à se concrétiser.

Est-il temps pour votre entreprise de tenter sa chance au Mexique? Consultez votre équipe juridique et l'association commerciale de votre secteur, et communiquez avec votre gestionnaire de relations bancaires à la Banque HSBC Canada.

Les «zones idéales» au Mexique, 1re partie – Cliquez ici pour en savoir plus

Les «zones idéales» au Mexique, 2e partie – Cliquez ici pour en savoir plus

Les clés du succès pour les entreprises canadiennes consistent, comme mentionné dans la deuxième partie de cette série, à se doter d’un avantage concurrentiel international (ACI) et à exercer leurs activités dans des secteurs où les obstacles sont limités et où elles ont une expertise confirmée.

Sources :

  1. http://www.freep.com/story/money/cars/2015/06/13/auto-investment-plants-jobs-us-canada-mexico-nafta/27551801/ (Consulté le 24 août 2015)
  2. Des «zones idéales» pour les entreprises canadiennes au Mexique, Le Conference Board du Canada, 14 octobre 2014 http://www.conferenceboard.ca/e-library/abstract.aspx?did=6434 (Consulté le 24 août 2015)
  3. Made In Mexico: An emerging auto giant powers past Canada http://www.theglobeandmail.com/report-on-business/international-business/latin-american-business/mexico-feature/article22987307/ (Consulté le 24 août 2015)
  4. http://www.bcstats.gov.bc.ca/statisticsbysubject/ExportsImports/Data/CountryTradeProfiles/TradeProfileMexico.aspx (Consulté le 24 août 2015)
  5. http://www.agr.gc.ca/eng/industry-markets-and-trade/statistics-and-market-information/import-and-export-data/countries-at-a-glance/mexico/?id=1410072148246 (Consulté le 24 août 2015)
  6. Mexico
    Oilseeds and Products Annual
    2014 Oilseeds and Products Annual http://gain.fas.usda.gov/Recent%20GAIN%20Publications/Oilseeds%20and%20Products%20Annual_Mexico%20City_Mexico_3-31-2014.pdf (Consulté le 24 août 2015)
  7. http://www.bcstats.gov.bc.ca/statisticsbysubject/ExportsImports/Data/CountryTradeProfiles/TradeProfileMexico.aspx (Consulté le 24 août 2015)
  8. http://www.doingbusiness.org/data/exploreeconomies/mexico/ (Consulté le 24 août 2015)
  9. http://breakingenergy.com/2014/01/08/mexicos-energy-reforms-can-mexico-emerge-as-a-prime-global-oil-gas-industry-expansion-prospect/ (Consulté le 24 août 2015)

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Publié par la Banque HSBC Canada (la «HSBC»)

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