12 mai 2015

La devise chinoise offre une occasion de croissance, que les entreprises canadiennes hésitent à saisir

Comme le renminbi devrait s'affaiblir par rapport au dollar canadien en 2015, les contrats réglés en renminbis seront plus intéressants pour les acheteurs chinois que ceux libellés en dollars canadiens ou américains.

Utilisé à l'extérieur de la Chine depuis quelques années seulement, le renminbi (RMB) est déjà la cinquième devise en importance pour les échanges commerciaux dans le monde.

Le gouvernement chinois, qui voudrait que le renminbi devienne une monnaie de réserve mondiale au même titre que le dollar américain, gère rigoureusement l'adoption généralisée ou la «libéralisation» de la devise. À la fin de 2014, la Chine a montré qu'elle entendait soutenir les échanges commerciaux avec le Canada, en signant un accord de swap de devises et en autorisant l'établissement du premier centre de négociation du renminbi en Amérique du Nord. Le lancement officiel du centre de compensation a eu lieu en mars 2015.

Le centre de négociation permet d'échanger directement des dollars canadiens contre des renminbis, en temps réel. Les entreprises peuvent donc effectuer des opérations dans les fuseaux horaires canadiens, sans passer par une autre devise. En vertu d'une entente connexe, la Chine a aussi accordé un quota aux investisseurs institutionnels pour la négociation d'actions et d'obligations libellées en renminbis sur les marchés intérieurs chinois et par l’entremise du programme Hong Kong Stock Connect.

À l'échelle mondiale, le renminbi est le plus souvent utilisé pour des activités d'import/export. Afin d'accroître les flux d'échanges commerciaux et d'investissements entre le Canada et la Chine, à un moment où la croissance économique canadienne stagnait et où l'expansion intérieure et les possibilités d'investissement étaient limitées, le gouvernement canadien, des associations d'affaires et le secteur bancaire ont travaillé fort pour que le centre de négociation du renminbi soit établi au Canada.

La Chine est le deuxième partenaire commercial du Canada, derrière les États-Unis, et celui qui croît le plus rapidement; toutefois, la balance commerciale est résolument favorable à la Chine depuis 2001. En 2013, les importations chinoises en provenance du Canada totalisaient 25,2 G$ US, alors que le total des importations canadiennes en provenance de la Chine était deux fois plus élevé, soit 51,2 G$ US1.

Toutefois, en raison de l'ampleur des échanges commerciaux entre le Canada et la Chine, une légère augmentation du taux de croissance des exportations entraînerait à elle seule des avantages exceptionnels. Selon le rapport d'octobre 2014 de la Chambre de commerce du Canada, les avantages directs du centre de négociation du renminbi pour le Canada seraient une augmentation des exportations de l’ordre de 21 à 32 G$ CA au cours de la prochaine décennie ainsi que des escomptes potentiels de 2,8 G$ CA sur les importations.

Potentiel non réalisé

Durant l'année précédant l'ouverture du centre de négociation du renminbi au Canada, l'utilisation de la devise chinoise pour le règlement des opérations commerciales avait diminué à l'échelle mondiale, tout comme au Canada. Selon un sondage annuel mondial commandité par la HSBC, le pourcentage d'entreprises dans le monde utilisant le renminbi pour régler des opérations commerciales était passé de 19 % à 17 %. Seulement 3 % des entreprises canadiennes avaient indiqué avoir effectué des opérations transfrontalières en renminbis au cours des 12 mois précédents, contre 5 % un an plus tôt. La baisse de l'utilisation du renminbi était encore plus prononcée aux États-Unis, 10 % des entreprises américaines ayant indiqué dans le sondage 2015 de la HSBC qu'elles avaient effectué des opérations dans cette devise, contre 17 % l'année précédente.

Par ailleurs, 62 % des entreprises canadiennes ont mentionné dans le récent sondage de la HSBC sur l'internationalisation du renminbi qu'elles prévoyaient accroître leurs opérations commerciales avec la Chine au cours des 12 prochains mois, alors que ce pourcentage était de 74 % un an plus tôt.

Pourquoi les entreprises canadiennes tardent-elles à adopter le renminbi?

Dans le passé, l'utilisation du renminbi à l'extérieur de la Chine, et pour des opérations commerciales, était complexe; cette utilisation devient cependant plus simple à mesure qu'elle se répand dans le monde. Par ailleurs, des banques internationales, comme le Groupe HSBC, mettent au point de nouveaux produits et services pour faciliter l'utilisation du renminbi pour leurs clients mondiaux. En raison de l'établissement d'un centre de négociation du renminbi au Canada, les banques canadiennes améliorent leurs offres.

Dans son sondage de 2015 sur l'internationalisation du renminbi, la HSBC a demandé aux répondants de quelles façons les banques pourraient mieux les aider à saisir des occasions d'utiliser le renminbi comme devise de règlement d'opérations transfrontalières. Les séminaires sur les produits, les marchés internationaux et les occasions à l'étranger ont été mentionnés par 58 % des répondants canadiens, suivis de l'accès à des documents d'information (47 %).

Le gouvernement chinois a été déterminant dans l'adoption du renminbi. Les autorités chinoises ont assoupli des règles difficiles d'application et accru la stabilité de leur devise en signant des accords de swap de devises avec certains pays, dont le Canada à la fin de 2014.

Actuellement, l'un des principaux obstacles est la perception dépassée des entreprises canadiennes qui n'ont pas suivi l'évolution de ces initiatives.

Avantages pratiques du renminbi

L'adoption du renminbi au Canada sera sans doute progressive, sur une période de trois à cinq ans pour la plupart des entreprises; toutefois, lorsqu'un plus grand nombre d'opérations commerciales entre le Canada et la Chine seront effectuées en renminbis, les entreprises canadiennes seront à même de réaliser qu’elles font des économies et bénéficient d'un avantage concurrentiel.

Pour les entreprises canadiennes, l'avantage immédiat de l'utilisation du renminbi au lieu du dollar américain est une réduction potentielle du risque de change associé aux opérations, parce qu'elles n'ont plus à se soucier des fluctuations du billet vert par rapport au renminbi et au dollar canadien. La Chambre de commerce du Canada estime que la possibilité de convertir directement le dollar canadien en renminbi permettrait aux entreprises canadiennes de réduire leurs coûts de 6,2 G$ au cours des 10 prochaines années.

Lorsqu'elles font des affaires en Chine, les entreprises canadiennes peuvent aussi améliorer leur pouvoir de négociation de réduction de prix, en demandant la facturation en renminbis. Selon le sondage de la HSBC, 55 % des entreprises chinoises sont prêtes à offrir des réductions de prix pour les opérations réglées en renminbis, 17 % d'entre elles offrant une réduction supérieure à 3 %.

Les entreprises canadiennes pourraient aussi établir des partenariats avec un plus vaste éventail d'entreprises chinoises, parce que la majorité des petites et moyennes entreprises en Chine ne sont pas en mesure d'effectuer des opérations commerciales dans des devises autres que le renminbi, appelé yuan sur le territoire chinois.

Comme le renminbi devrait s'affaiblir par rapport au dollar canadien en 2015, les contrats réglés en renminbis seront plus intéressants pour les acheteurs chinois que ceux libellés en dollars canadiens ou américains.

L'avantage final de l'utilisation du renminbi pour les opérations avec des partenaires chinois est moins quantifiable, mais peut-être plus important. Il s'agit de l'amélioration des relations entre les entreprises canadiennes et chinoises. Selon une étude de la HSBC, à l'échelle mondiale, la principale raison pour laquelle les entreprises qui n'utilisent pas le renminbi ont l'intention de le faire à l'avenir est pour répondre à la demande de leurs partenaires commerciaux.

Source : Sondage sur l'internationalisation du renminbi réalisé en 2015 par la HSBC

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